Le burin ne coupe pas à travers la matière : il la racle, et c'est exactement ce dont la reprise d'une ligne de panneau a besoin. En tirant la pointe sur la surface, on enlève un copeau très fin et il reste une rainure de largeur constante. Cette catégorie réunit les lames interchangeables, dont les largeurs commencent à quelques centièmes de millimètre et montent jusqu'à près de deux millimètres, les pointes en acier au tungstène qui tiennent dans les matières dures, les burins à tranchant large pour élargir ou rectifier une ligne existante, et les manches et porte-lames à serrage qui donnent une prise stable et toujours la même.
La largeur se choisit avec l'échelle : une rainure qui se voit nettement en 1/32 devient une tranchée en 1/72. Pour les petites échelles, on reste sur les lames les plus fines et on accepte que la ligne soit presque invisible à sec — elle apparaîtra au lavis. Côté matière, l'acier convient au polystyrène, le carbure à la résine et au mastic époxy durci. Les tranchants larges, eux, servent surtout à reprendre des lignes déjà gravées et à creuser des joints de capot.
On commence par un trait très léger, qui sert de guide, et on l'approfondit ensuite. C'est l'inverse d'un scalpel : la première passe ne doit presque rien enlever. Posez un ruban de guidage ou un gabarit, et travaillez dans le sens qui vous permet de voir la pointe.
Un manche trop fin fait crisper la main et la pointe sort de la ligne. Un corps d'un diamètre confortable, avec un serrage qui ne laisse pas tourner la lame, change le résultat plus qu'un changement de pointe. Montez la lame court : plus elle dépasse, plus elle vibre.
Une rainure partie de travers se comble à la colle fluide ou au mastic, se ponce, et se regrave. Il vaut mieux cela qu'essayer de redresser le trait : la seconde ligne épouserait la première. Laissez sécher entièrement avant de reprendre, sinon le burin tire la matière.
L'ensemble de la famille est présenté dans gravure & lignes de panneaux.