Un emporte-pièce sort une forme exacte d'un seul geste, et toujours la même : c'est tout l'intérêt. Les modèles ronds, livrés en diamètres échelonnés, donnent un trou net ou une rondelle sans bord déchiré — utile pour un hublot, une trappe ou une rondelle de plasticard. Les profils hexagonaux servent à imiter têtes de vis et écrous en série. Les matrices à feuilles et à branches découpent dans une matière fine les feuillages et les brindilles d'un décor, et il existe aussi des stations de découpe pour tailler des bandes de ruban de masquage à une largeur constante, ainsi que des petits outils à former des rivets.
Trois usages ne se recouvrent pas. Le rond, d'abord : avec une matrice en vis-à-vis, le poinçon cisaille proprement et l'on récupère aussi bien le trou que la pastille. L'hexagone ensuite, qui n'a pas d'équivalent à la main — tailler vingt écrous au scalpel n'aboutit jamais à vingt pièces identiques. Les matrices végétales enfin, qui travaillent dans du papier teinté ou une feuille fine et fournissent les feuillages d'un diorama à l'échelle.
Une plaque de polystyrène de deux à trois dixièmes se découpe franchement ; au-delà, le poinçon marque sans trancher et déforme le bord. Le laiton mince passe, mais il émousse plus vite le tranchant que le plastique. Testez sur une chute avant d'attaquer la pièce définitive.
Le poinçon doit rester perpendiculaire : un coup en biais donne un ovale. Posez l'ensemble sur une surface dure, un bloc d'acier plutôt qu'un tapis souple, et donnez un coup sec plutôt que plusieurs coups hésitants. Les marteaux à tête de laiton conviennent bien à ce travail.
Les jeux comportent souvent une dizaine de diamètres très voisins. Un plateau de rangement évite de chercher et, surtout, évite de reprendre un poinçon émoussé sans s'en apercevoir — un bord qui s'écrase au lieu de se couper est le signe qu'il faut changer de taille.
Pour percer plutôt que poinçonner, voyez le perçage et fraisage.